Les sociétés allemandes favorisent le développement du programme et de l’infrastructure nucléaire en Iran- 14.01.2010
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14.01.2010 Contact: Diana Gregor +44 (0)20 3239 7342 diana.gregor@realite-eu.org Les sociétés allemandes favorisent le développement du programme et de l’infrastructure nucléaire en Iran
Siemen’s Krupp, ThyssenKrupp, BASF, BAYER, Herrenknecht et MAN Ferrostaal parmi les grands groupes qui continuent de renforcer leurs liens avec l’Iran L’Allemagne a pleinement soutenu les efforts internationaux visant à empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires. Néanmoins, pendant que la chancelière Angela Merkel déclare être contre le développement d’une arme nucléaire iranienne, l’Allemagne continue de se positionner comme le principal partenaire commercial de l’Iran au sein de l’UE et selon les experts, le principal partenaire de la coalition de Merkel, le parti pro-business FDP fera prévaloir les liens commerciaux sur les intérêts sécuritaires de l’Occident. [1] Les exportations allemandes vers l’Iran ont atteint 426,4 millions de dollars en Septembre 2009, tandis que les importations se sont élevées à 140 millions de dollars. [2] La majorité des échanges commerciaux entre l’Iran et l’Allemagne comprend le domaine de l’ingénierie: une parmi trois machines importées est allemande. En 2006, la vente de machines en l’Iran a rapporté aux entreprises allemandes de taille moyenne environ 1,6 milliards d’euros. Pendant le premier semestre de 2007, l’exportation de machines a atteint seulement 500 millions d’euros environ. Selon Hannes Hesse, Président de la VDMA (Verband deutscher Maschinen- und Anlagenbau, Association allemande de constructeurs de machines et d’équipement), « Ceci est dû, d’une part, au contrôle stricte sur les exportations, et d’autre part aux politiques restrictives en matière d’acceptation de garanties par les banques ». Si une chute supplémentaire avait eu lieu vers la fin de l’année, le volume de ces échanges aurait été divisé par deux en un an. [3] Le désengagement des banques occidentales en Iran a frappé en particulier les constructeurs d’équipements lourds, tels que MAN Ferrostaal. L’usine MAN Ferrostaal à Essen travaille sur trois grands projets en Iran : une centrale électrique et deux centrales pour l’industrie du pétrole brut. Selon un porte-parole, la dégradation de la situation a eu des conséquences non seulement sur les nouveaux contrats, mais aussi sur les affaires en cours. Entre temps, MAN dépend des services fournis par la Banque d’affaires Europe - Iran. [4] Acier : ThyssenKrupp Selon un porte-parole du numéro un allemand de l’acier, ThyssenKrupp, le groupe a signé des contrats pour un montant inférieur à 100 millions d’euros avec l’Iran. Selon le magazine Der Spiegel, l’État iranien serait toujours un important actionnaire de ThyssenKrupp. Les actions seraient détenues par la holding IFIC (Société d’investissement internationale de l’Iran). Les Mollahs ont utilisé cette société afin d’investir leurs pétrodollars partout dans le monde. Il y a 4 ans, Téhéran a dû abandonner sa représentation au sein du conseil d’administration de ThyssenKrupp et vendre une partie de ses actions. Les parts de l’Iran dans le groupe s’élevaient à 7,8%. Néanmoins, jusqu’à présent les iraniens ne se sont pas désengagés complètement, affirme le magasine en faisant référence au compte-rendu économique 2006 de l’IFIC. En 2007, l’État iranien a touché 18,5 millions d’euros de dividendes grâce au nombre de parts (4,5%) qu’il détient. Les fonds collectés sont, entre autres, réinjectés dans des opérations de crédit avec des sociétés qui entretiennent des liens commerciaux avec l’Iran. C’est le cas, par exemple pour une compagnie charter allemande, qui en 2005, avait reçu un prêt de 55 millions de dollars. La banque britannique HSBC a transformé une partie de ses actions de ThyssenKrupp en titres hypothécaires, via sa filiale allemande Trinkaus&Burkhardt. En échange, les iraniens risquent de spéculer sur le marché des contrats à terme et des options. « Sans commentaires » fut la réponse de la HSBC. [5] Percement de tunnels : Herrenknecht Ces dernières années, l’Iran a vendu ou réduit les parts qu’il détenait au sein de plusieurs constructeurs automobiles allemands, comme par exemple, chez Daimler et VW. Chaque année, Daimler vend environ 100 voitures Mercedes Benz à l’Iran, et la production de camions continue. [13] Selon les informations fournies par la société, actuellement l’usine MAN à Munich ne livre aucun camion ou équipement dans la région. Cependant, MAN fournit toujours des services d’entretien en Iran et propose, par exemple, des services de maintenance pour les turbines à gaz. Les mesures de restriction commerciale frapperaient de plein fouet la société, a affirmé l’un de ses porte-paroles. [14] Énergie: RWE & Siemens Le 5 Février 2008, le numéro deux de l’énergie en Allemagne, RWE (Rheinisch-Westfälische Elektrizitätswerke) a rejoint le Projet Nabucco, en tant que sixième partenaire. Le gazoduc permettrait à l’Europe de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations de la Russie. Sa construction est prévue pour 2009, et vers 2013, il acheminera du gaz de la mer Caspienne, du Proche Orient et du Moyen Orient vers l’Europe. Pour l’instant, il n’est pas clair si l’Iran participera en tant que fournisseur de gaz. [15] En Décembre 2009, le gouvernement allemand a ouvert une enquête sur Siemens pour avoir vraisemblablement violé des lois sur le contrôle des exportations en fournissant des équipements de haute technologie à l’Iran. Des agents des douanes ont découvert une cargaison de turbocompresseurs que des experts pensent pouvoir être utilisés dans le programme iranien de développement de missiles. [16] Selon le conglomérat allemand Siemens, les contrats signés avec l’Iran représenteraient moins d’un pourcent de son volume total. En 2006, ce chiffre atteignait 700.000 d’euros, principalement dans les domaines de l’énergie et l’infrastructure. Siemens a fourni des centrales à gaz à la République islamique. Un porte-parole de la société a déclaré que le conglomérat respectait strictement les directrices nationales et internationales. [17] Cependant, selon des informations publiées par Der Spiegel, Siemens minimise consciemment l’importance de ses contrats avec l’Iran. [18] Selon l'Agence de presse iranienne (IRNA), le 14 novembre 2006, Siemens et la Compagnie iranienne de gestion de projets de centrales électriques (MAPNA) ont signé un contrat pour un montant de 450 millions d'euros, pour la construction de 150 locomotives destinées au réseau de chemins de fer iranien. Le contrat prévoit la livraison des 30 premières locomotives achevées pendant la première phase, et la construction de 120 locomotives supplémentaires pendant une période de six ans. Dans le cadre de ce contrat, Siemens s'engage à effectuer un transfert technologique pour une période de 10 ans. En août 2003, Siemens (dont l'expérience en matière de construction de centrales nucléaires n'est plus à prouver) avait déjà signé un contrat pour la livraison de 24 centrales électriques. Pour décrocher ce contrat, Siemens a dû s'engager à effectuer un transfert technologique concernant les centrales nucléaires de petite et moyenne taille. [19] Produits pharmaceutiques / chimiques : BASF & Bayer Les géants allemands du secteur pharmaceutique et chimique, BASF et Bayer, restent toujours très actifs en Iran. Les contrats de la société Bayer (basée à Leverkusen) en Iran atteignent des dizaines de millions de dollars, surtout dans le secteur des produits chimiques pour l’agriculture et les produits pharmaceutiques. [20] Opérationnelle depuis 1959, la filiale BASF Iran représente l'intégralité des offres commerciales de l'entreprise. Elle est particulièrement active dans les secteurs en plein essor tels que l'automobile, la pétrochimie (catalyseurs) et les fibres. En 2005, BASF Iran a réalisé un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros, tandis qu’en 2006, ce chiffre atteignait environ 42 millions d’euros. [21] Les banques : important désengagement allemand La Deutsche Bank et la Commerzbank ont mis fin à leurs affaires avec l’Iran après avoir trouvé leurs noms sur une liste des sociétés liées avec des « États voyous ». « La pression politique a augmenté indépendamment des derniers développements en Iran [causés par les élections présidentielles en Juin 2009] » déclare Michael Tockuss, membre de la Chambre de commerce germano-iranienne à Hambourg. [22] En 2007, trois grandes banques allemandes ont cessé leurs relations commerciales avec l’Iran et aujourd’hui ne font que clôturer les affaires déjà en cours. La Dresdner Bank a justifié son désengagement par l’augmentation des « dépenses administratives ». De son côté, Le Financial Times Deutschland a révélé que la ligne de crédit réservée par la Dresdner aux affaires avec l’Iran avait atteint plusieurs centaines de millions en 2006, et des dizaines de millions en 2007. [23] La Deutsche Bank a cessé ses activités en Juillet, après l’exemple montré par la Commerzbank. [24] Coopération portuaire: la compagnie HPCEn janvier 2010, la compagnie HPC, une entreprise indépendante au sein de la Hamburger Hafen und Logistik AG group (HHLA) et l'exploitant du port de Hambourg, a signé un contrat avec la compagnie iranienne Tidewater. HPC est la neuvième compagnie qui détient le plus grand réservoir de manutention portuaire dans le monde. La transaction a été faite en vue d'améliorer les services maritimes dans le port Shahid Rajaee situé au sud de l'Iran. Selon le directeur de la compagnie Tidewater, Abdolhamid Malahzadeh, HPC sera remplacé par la compagnie Singapourienne OPM pour l'exploitation du port. [29] Résistance du milieu des affaires allemand L’économie allemande réagit avec prudence au possible durcissement des sanctions économiques contre l’Iran. En théorie, Téhéran pourrait décider de ne pas rembourser ses dettes une fois ses garanties (Hermes-Bürgschaften) réduites ou supprimées. Ceci pourrait être le cas des dettes actives qui atteignent environ 5,2 milliards d’euros, et qui faute d’être remboursées, devraient être recouvertes par le Trésor fédéral. [30] La Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI, Fédération allemande de l’industrie) déconseille l’application de «mesures unilatérales» par l’UE ou le Gouvernement fédéral. Toute la communauté internationale devrait participer aux sanctions. Autrement, celles-ci resteraient lettre morte et fausseraient la concurrence, a déclaré Heiko Willems, expert au sein de la BDI. [31] « L’Allemagne appliquera les sanctions si elles sont adoptées par les Nations Unies » a déclaré le PDG de la Fédération des industries allemandes, Gerhard Handke. Et d’ajouter : « Cependant, nous ne ferons pas de sacrifice particulier ». [32] Les membres du FDP (Parti libéral démocrate) au sein du Bundestag allemand ont condamné le fait que les sociétés allemandes soient dissuadées de faire des affaires de façon légale au moyen de «sanctions informelles», et Elke Hoff (un parlementaire du FDP) demande des garanties légales pour les sociétés. [33] Der Spiegel signale que les sociétés allemandes prêtes à respecter le boycott international enfreindront la législation sur le commerce international de 1993. Cette loi a été adoptée lors que plusieurs états arabes ont demandé à leurs partenaires commerciaux de renoncer à toute relation commerciale avec Israël. Inquiètes de voir baisser le volume de leurs transactions avec les pays arabes, plusieurs sociétés y ont cédé en signant des déclarations dans ce sens. Afin d’éviter cette situation, la loi en question impose des amendes de jusqu’à 500 000 euros. [34] Liens sur des affaires allemandes et l'IRGC Le gouvernement américain souhaite que les nouvelles sanctions se concentrent sur l’IRGC (l’agence gouvernementale suspectée de gérer le programme nucléaire iranien ) [35] et par conséquent, travailler sur un « éventail » de sanctions qui pourraient être imposées par les Nations Unis ou par les États Unis en collaboration avec l’UE. [36] Parmi ces sanctions, prévoir l’augmentation des restrictions de voyage pour les individus et les institutions liés au gouvernement iranien et à l’IRGC. Ces dernières années, l’IRGC a prospéré malgré l’application des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre l’Iran. En 2007, le Congrès américain avait désignée l’IRGC comme organisation terroriste. Cette branche du gouvernement iranien contrôle « les piliers de l’économie de ce pays, avec 800 sociétés dans le secteur du transport maritime, de la construction navale, de la banque, de l’énergie, de la chimie, de la construction et l’équipement lourds, de l’électricité, des engins de transport, et de l’importation de gaz lacrymogène pour réprimer des manifestations. » [37] Cependant, Daniel Bernbeck, Président de la Chambre de commerce germano-iranienne, a déclaré en Juin 2009 que « faire des affaires en Iran et faire des affaires avec le gouvernement lui-même sont deux choses complètement différentes… Je ne vois pas de problème moral dans ce cas. Il ne s’agit pas de faire des affaires avec l’Iran, mais avec les sociétés iraniennes. […] » [38] De son côté, Ameri Goli, du Wall Street Journal, affirme que l’IRGC est la « base du pouvoir » de Khamenei et du gouvernement iranien, et que les relations économiques et commerciales de l’Europe ne font que contribuer au développement de son « réseau de sociétés ». [39] Investissements allemands en Iran Historiquement, la République fédérale d’Allemagne est l’un des partenaires commerciaux les plus importants de l’Iran. Avec plus de 1 900 membres, sa Chambre de commerce à Téhéran est l’une des plus grandes de l’Allemagne. En 2008, la République fédérale a participé à six foires commerciales à Téhéran. L’Iran occupe la place numéro 40 dans le classement des principaux acheteurs de produits allemands. Le gouvernement fédéral soutient ces investissements grâce à des subventions publiques (Hermes-Bürgschaften). [40] Depuis ces deux dernières années, l’Allemagne a progressivement réduit son volume d’échanges commerciaux avec la République islamique. En 2005, le volume des exportations atteignait 4,3 milliards d’euros. En 2006, le volume des transactions a chuté de 5,7% pour atteindre 4,1 milliards d’euros, et pendant le premier semestre de 2007, il a chuté à nouveau de 17,9%. Entre janvier et novembre 2007, l’exportation de produits allemands vers l’Iran a rapporté 3,2 milliards d’euros [41], mais on prévoit une chute à un montant inférieur à 1 milliard d’euros comme conséquence des actions financières de 2008. [42] Entre temps, un nouveau rapport de la BFAI (Agence fédérale du commerce extérieur) a identifié des « opportunités économiques considérables» en Iran. Selon le Handelsblatt, citant un rapport non publié, « Malgré le manque de sécurité qui continue en 2008, il y a un énorme potentiel pour la coopération et les affaires avec l’Iran ». Selon certaines informations, les meilleures perspectives pour les fournisseurs étrangers s’ouvriraient dans le secteur automobile, ainsi que dans l’électronique et la technologie de l’information. En revanche, les investissements directs se font très rares. [43] De son côté, l’Ambassadeur allemand à Téhéran, Herbert Honsowitz, a déclaré à la chaîne iranienne Press TV que « l’Ambassade allemande essaye de maintenir et d’améliorer les liens entre les entreprises privées des deux pays ». Honsowitz a aussi ajouté que jusqu’à présent, le volume des exportations allemandes n’a pas été réduit, car celles-ci arrivent en Iran via les pays libre-échangistes du Golfe, tels que Dubaï, par exemple. [45] En décembre 2009, le quotidien économique allemand Handelsblatt a publié qu’une agence intergouvernementale destinée à lutter contre les opérations financières illégales qui pourraient servir les intérêts des groupes terroristes pourrait voir le jour en février 2010 sous le nom de Groupe d’action financière (GAFI), dans le cadre d’une nouvelle vague de sanctions. Cependant, les banques et les sociétés allemandes ne sont pas à l’aise avec cette idée, car avec la création du GAFI, les institutions financières seraient sommées de réduire leurs exportations vers l’Iran. [46] Le gouvernement fédéral allemand délivre toujours des garanties de crédit appelées Hermes-Bürgschaften, c’est-à-dire, des garanties de crédit pour les affaires avec l’Iran, même si elles ont été considérablement réduites pendants les deux dernières années. [53] En 2007, les compagnies allemandes d’assurance des exportations ont placé l’Iran en avant-dernière position dans la catégorie la plus chère, entraînant une augmentation de 20% des coûts. [54] L’émission des avis d’exportation de l’Office fédérale de l’économie et du contrôle d’exportations (BAFA) prend plusieurs mois. [56] Les sanctions des Nations Unies contre l’Iran auraient dû mener à un examen plus stricte des demandes de licences d’exportation, a déclaré Walther Otremba, Secrétaire d’État au ministère fédéral de l’économie, selon le Financial Times du 6 février 2008, en réponse à une enquête des représentants du FDP (Parti libéral démocrate) au sein du Bundestag (parlement) allemand. Otremba a aussi souligné que le gouvernement fédéral continuera de délivrer des licences d’exportation et des garanties « limitées ». [57] Augmentation des importations et des exportations Les exportations allemandes vers l’Iran ont augmenté de 10,5% pendant les 11 premiers mois de 2008, pour atteindre 4,6 milliards de dollars. [58] La République islamique occupe la 42ème place sur la liste de pays importateurs de produits allemands. [59] Selon une évaluation de l’Agence fédérale du commerce extérieur (BFAI), la tendance pourrait se renverser en matière d’importations. Après leur chute en 2006, les importations de l’Iran vers l’Allemagne ont augmenté de presque 50% en 2007, pour atteindre 580 millions d’euros. Cette hausse a été surtout attribuée à une augmentation dans le secteur des produits pétroliers et agricoles, affirment Martin Karlhöfer, expert au sein de la BFAI, et Jens Nagel, Président de la Fédération allemande du commerce de gros et du commerce extérieur (Bundesverband Groß- und Außenhandel, BGA). [60]
Références:
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