27.06.2007
Les relations économiques Austro-Iraniennes
- Malgré les discours négationnistes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et ses menaces repetees à l'encontre d'Israël, l'Autriche continue de promouvoir ses exportations vers l'Iran.
- Les exportations autrichiennes vers l'Iran sont protégées par des garanties gouvernementales. Selon l'Österreichische Kontrollbank, l'Iran était en 2005 le cinquième pays à bénéficier de telles garanties.
- Vienne s'oppose à l'adoption de sanctions efficaces contre ce régime en s’appuyant sur une coalition d’Etats favorables aux résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU. Le gouvernement autrichien a même accordé des garanties de crédits à l'exportation pour ses échanges avec l'Iran. Comme l'expliquait le bulletin semi-officiel d’informations sur le commerce extérieur: « Aucune modification n'est intervenue récemment dans les garanties de prêt pour les exportations vers l'Iran. (...) Selon le ministre allemand de l'Économie, (…) l'Iran a indiqué que des garanties de crédit à l'exportation étaient toujours disponibles. » L'Österreichische Kontrollbank confirme l'information le même jour : il sera toujours possible de bénéficier d'une couverture pour les crédits à l'exportation.
- En 2007, l'entreprise viennoise OMV a signé une lettre d'intention promettant son engagement dans un projet gazier en Iran (pour plus de détails, lire ci-dessous).
- Les représentants officiels autrichiens ont été clairs quant à leurs intentions de continuer le renforcement de leurs relations économiques avec l'Iran.
- En juin 2007, Martin Bartenstein, ministre autrichien de l'Économie, a décrit l'Iran comme une source d'énergie significative pour l'Europe en insistant sur l'importance d'assurer la sécurité énergétique de l'Union.
- En décembre 2003, Bartenstein annonçait que l'Iran était devenu le partenaire commercial de l'Autriche le plus important en Asie du sud, et ajoutait que leurs relations devaient être renforcées à l'avenir.1
- Christoph Leitl, président de la Chambre de commerce autrichienne, ajoutait : « Les ententes qui ne peuvent être trouvées en politique peuvent être trouvées dans les échanges et le commerce.2
- Les représentants iraniens leur rendent la politesse :
- En novembre 2006, le président de la Chambre de commerce iranienne, M. Kamoushi, insistait sur le fait que « l'Autriche était la porte d'entrée vers l'Europe pour [l'Iran] ».
- Davoud Danesh Ja'fari, ministre iranien des Finances et des Affaires économiques, rappelait la position stratégique de l'Iran au Moyen-Orient et la place privilégiée de l'Autriche en Europe, en appelant au renforcement de leurs relations économiques.3
- Les étudiants iraniens et les associations de défense des droits de l'homme voient d'un très mauvais œil la politique autrichienne visant à renforcer ses relations économiques avec l'Iran, considérant qu'aucune « transformation par le commerce » n'aura lieu au sein du régime radical de Téhéran.
OMV Engagèe dans un Projet Gazier Aux Cotès de L'Iran
- Le 21 avril 2007, l'entreprise viennoise OMV a signé une lettre d'intention promettant son engagement dans un projet d'extraction de gaz naturel en Iran.
- Selon OMV, les investissements seraient destinés au développement d'une partie du champ gazier de South Pars dans le golfe Persique, à la construction d'une usine de liquéfaction, ainsi qu'à la conclusion d'accords d'exploitation du gaz liquéfié.
- Si l'entreprise n'a pas souhaité dévoiler le montant de l'investissement, le quotidien Der Standard a évalué la valeur du contrat avec la National Iranian Oil Company (NIOC) à près de 22 milliards d'euros répartis sur les 25 prochaines années.4
- Les activités d'OMV en Iran ont commencé en mai 2001 avec la signature d'un contrat d'exploration du « Mehr Block » (à l'ouest de l'Iran) avec la NIOC.
- Ce qu'il faut savoir à propos d'OMV:
- La plus grande entreprise industrielle enregistrée en Autriche
- La plus grande compagnie pétrolière d'Europe centrale
- Activités d'exploration et de production dans 18 pays répartis sur cinq continents
- Ventes consolidées : 18,97 milliards d'euros ; résultat d'exploitation : 2,06 milliards d'euros
- Capitalisation de marché : 12,84 milliards d'euros o 5 180 employés (Petrom : 35 813 employés)
- Structure de l'actionnariat : OIAG 31,5 %, IPIC 17,6 %, actions librement négociables 50,9 %
- 35 % des parts de Borealis A/S, 50 % d'Agrolinz International GmbH (AMI), 10 % du groupe hongrois MOL, 45 % de BAYERNOIL Raffineriegesellschaft mbH, 50 % d'EconGas GmbH, 51 % de Petrom SA, 34 % de Turkis Petrol Ofisi
- Objectif de production : 500 000 bep/j (barils équivalent pétrole par jour) jusqu'à 20105
1 Site internet du Ministère fédéral du commerce et du travail, décembre 2003
2 « Austria is Iran’s gate to the European Union », OTS, 23 novembre 2006
3 « Iran, Austria booting economic ties, » PressTV, 12 juin 2007
4 « Breite Front gegen US-Einmischung », Der Standard, 25 avril 2007
5 Site Internet d'OMV |