14.01.2007
L'Iran et sa milice de substitution, le Hezbollah
- Le Hezbollah (« Parti de Dieu ») a été fondé au Liban en 1982 par les Gardiens de la révolution iranienne ainsi que par les fidèles de l'Ayatollah Khomeyni. En deux ans, ce groupe a réussi à réunir plusieurs factions chiites libanaises radicales sous l'étendard du Hezbollah.
- Dans sa déclaration fondatrice, le Hezbollah se déclarait déterminé à « créer une république islamique au Liban ». Téhéran a ensuite envoyé des centaines de prêtres et de Gardiens de la révolution au Liban, afin de prêcher la théologie iranienne et de recruter de nouveaux membres. [1]
- le fondateur du Hezbollah, Ali Akbar Mohatashemi a raconté dans Asharq Al-Awsat, un journal en langue arabe édité à Londres, comment le groupe a été formé : « Après l'invasion du Liban par Israël en 1982, j'étais très inquiet du sort du Liban et de la Syrie. À l'époque, j'étais ambassadeur iranien à Damas. Je me suis rendu à Téhéran pour voir l'Ayatollah Khomeyni. Il m'a dit que le seul moyen de repousser les sionistes était de mobiliser les jeunes libanais et de leur faire suivre un entraînement. Une ère nouvelle a ensuite débuté. Les hommes chiites ont suivi une formation militaire et c'est ainsi que le Hezbollah est né. »
- Mohatashemi a également expliqué comment le Hezbollah avait combattu au profit de l'Iran lors de la guerre contre l'Irak : « Une partie des talents du Hezbollah provient de son expérience du combat, et de sa formation… Les soldats du Hezbollah ont combattu séparément, ou au sein de nos troupes. » Plus de 100 000 combattants du Hezbollah ont suivi une formation militaire en Iran et au Liban depuis la création du groupe. [2]
- Dans les années 80, le Hezbollah a mené une campagne terroriste généralisée. Il a enlevé plus de 200 étrangers au Liban, notamment les Britanniques Terry Waite et John McCarthy. L’organisation a également organisé le détournement d'avions civils et a lancé des attaques contres des cibles américaines et européennes, provoquant la mort d'environ 1 000 personnes. [3] Avant le 11 septembre 2001, le Hezbollah avait tué plus d'Américains que n'importe quelle autre organisation terroriste.
- L'ancien président iranien Hachemi Rafsandjani et huit autres personnes sont toujours recherchés par l'Argentine suite à un attentat commis en 1994 par le Hezbollah dans un centre culturel juif. Cette attaque avait fait 85 morts et plus de 200 blessés. [4]
- L'Iran continue à fournir au Hezbollah un soutien militaire, financier et politique. Le Premier ministre britannique Tony Blair a déclaré que l'Iran fournit au Hezbollah des armes « très similaires, si ce n'est identiques, à celles qui sont utilisées contre les troupes britanniques à Basra », en Irak. [5]
- Le Hezbollah a affronté Israël à plusieurs reprises. Il a combattu l'État hébreu au Sud-Liban depuis la création du groupe en 1982 jusqu'au retrait israélien en 2000. Ensuite, en 2006, le Hezbollah a déclenché une guerre de 33 jours avec Israël, lors de laquelle ses combattants ont franchi la frontière israélienne pour enlever deux soldats et ont bombardé les villes israéliennes de roquettes. Des Gardiens de la révolution iranienne, identifiés grâce à leurs papiers, ont été trouvés parmi les cadavres des troupes du Hezbollah. [6]
- Lors de la guerre de 2006, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a demandé aux ministres du parlement iranien de placer le drapeau jaune et vert du Hezbollah sur leur bureau pour démontrer leur soutien des combattants. [7]
- De même, à l'été 2006, l'ancien président iranien Mohammad Khatami a comparé le Hezbollah à « un soleil resplendissant qui illumine tous les Musulmans et les défenseurs de la liberté dans le monde. » [8] S'adressant à des étudiants de Harvard, Khatami a présenté le Hezbollah comme un « symbole de la résistance arabe » et a établi une distinction entre ceux qui « luttent pour l'intégrité territoriale d'un pays et ceux qui ne tuent que pour tuer. » [9]
- Le journal koweïtien Al-Siyassah, qui se fait régulièrement l'écho de l'opposition syrienne, a indiqué que lors de la guerre de 2006, le cheikh Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, a rencontré à Damas un représentant iranien haut placé, afin d'aborder les modalités de réapprovisionnement du Hezbollah en « armes iraniennes qui transitent par les territoires syriens. » [10]
- Les principaux représentants officiels européens auraient plusieurs fois cité les liens étroits qui unissent l'Iran et le Hezbollah. Javier Solana, le Haut représentant de la Politique étrangère pour l'Union européenne, a déclaré au quotidien espagnol El Pais que le Hezbollah devait « choisir son rôle : acteur responsable sur l'échiquier politique libanais ou tête de pont pour l'Iran. » [11]
- Kim Howells, ministre des Affaires britannique délégué au Moyen-Orient, est certain que l'Iran finance le Hezbollah, et l’équipe en roquettes et armes à feu via la Syrie. « On est en droit de se demander s'ils [les Iraniens] vont un jour céder à la tentation diplomatique visant à leur faire abandonner leur soutien du Hezbollah, alors qu'il s'agit de la seule force militaire vraiment efficace dont ils disposent dans la région, à l'exception de l'Iran à proprement parler », a confié M. Howells lors d'une réunion extraordinaire du comité des Affaires étrangère du parlement britannique. [12]
- Dans un entretien accordé au journal Le Monde en juillet 2006, le président français Jacques Chirac a déclaré : « Dans le conflit actuel, l'Iran a une part de responsabilité. Les informations dont nous disposons prouvent que des armements sophistiqués et des financements sont envoyés par l'Iran, via vraisemblablement la Syrie, au Hezbollah. C'est un problème. » [13]
- Un membre du Conseil politique du Hezbollah a confié au quotidien russe Izvestia que l'Iran et la Syrie ont soutenu le groupe dans le conflit contre Israël, ajoutant : Ils [l'Iran et la Syrie] sont nos alliés et nous en sommes fiers. Ces États ont joué un rôle considérable dans notre victoire sur Israël. » [14]
Références:
[1] Maddox, Bronwen, Blannford, Nicholas, Farrell, Steven et Parker, Ned, « Le Hezbollah lutte jusqu'à la mort, mais qui est-il ? »The Times of London, 21 juillet 2006. http://www.timesonline.co.uk/article/0,,251-2279468,00.html
Taheri, Amir, « L'armée de Dieu prévoit de contrôler la totalité du Moyen-Orient », The Times of London, 23 juillet 2006.
http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2092-2281184_1,00.html
[2] Nouri Zadeh, Ali, « Téhéran et l'histoire secrète du Hezbollah », Asharq Al-Awsat, 8 août 2006.
http://www.asharq-e.com/news.asp?section=3&id=5884
[3] Westcott, Kathryn « Qui est le Hezbollah ? » BBC, 4 avril 2002. http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/1908671.stm
« Ce que nous n'avons toujours pas compris au sujet du Hezbollah », The Guardian, 6 août 2006. http://observer.guardian.co.uk/comment/story/0,,1838199,00.html
[4] Pertossi, Mayra, « L'Argentine cherche à obtenir l'arrestation d'un ancien chef d'État iranien », The Guardian, 10 novembre 2006.
http://www.guardian.co.uk/worldlatest/story/0,,-6204947,00.html
Gray, Kevin, « L'Argentine cherche à obtenir l'arrestation de ressortissants iraniens après un attentat », The Scotsman, 10 novembre 2006.
http://news.scotsman.com/latest_international.cfm?id=1663402006
[5] « Tony Blair accuse l'Iran de trafic d'armes,” BBC, 18 juillet 2006. http://news.bbc.co.uk/2/low/uk_news/politics/5190098.stm
« L'Iran soutient le Hezbollah au Liban », International Herald Tribune, 18 juillet 2006. http://www.iht.com/articles/2006/07/18/news/iran.php
« De nouvelles armes iraniennes font leur apparition sur les champs de bataille du Moyen-Orient », Agence France Presse, 19 septembre 2006.
[6] « Des Iraniens découverts parmi les combattants du Hezbollah morts au combat », Reuters, 10 août 2006.
[7] Parker, Nick, « La présence de drapeaux du Hezbollah au parlement iranien suscite la colère », The Sun, 29 juillet 2006. http://www.thesun.co.uk/article/0,,2-2006340861,00.html
[8] BBC, 18 juillet 2006, ibid.
[9] Herbst-Bayliss, Svea, « Khatami explique que le Hezbollah est un symbole de la résistance », Reuters, 10 septembre 2006.
[10] Murphy, Brian, « Rencontre entre un envoyé iranien et un chef du Hezbollah », The Guardian via Associated Press, 27 juillet 2006.
http://www.guardian.co.uk/worldlatest/story/0,,-5977597,00.html
[11] « Le Hezbollah doit choisir entre le Liban et l'Iran, d'après le Haut responsable de la politique étrangère de l'UE », Agence France Presse, 15 août 2006.
[12] Baldwin, Katherine, « Le soutien apporté par l'Iran au Hezbollah ne fléchit pas », Reuters, 13 septembre 2006. http://today.reuters.co.uk/news/articlenews.aspx?type=topNews&storyID=2006-09-13T132845Z_01_L13887144_RTRUKOC_0_UK-MIDEAST-BRITAIN.xml
[13] « Chirac se dit favorable à l'envoi de casques bleus au Liban et condamne l'Iran et la Syrie », Agence France Presse, 26 juillet 2006.
[14] « La "victoire" sur Israël a été favorisée par l'Iran et la Syrie », Agence France Presse, 17 août 2006.
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