Arabie Saoudite : Devenir nucléaire pour répondre à la menace iranienne ? - 17.11.2009
17.11.09 Contact: Diana Gregor +44 (0)20 3239 7342 diana.gregor@realite-eu.org Arabie Saoudite : Devenir nucléaire pour répondre à la menace iranienne ? Le président français Nicolas Sarkozy s’est rendu en Arabie saoudite aujourd’hui afin de rencontrer le roi Abdallah à Riyad pour les 17 et 18 novembre. [1] Monsieur Sarkozy et le roi Abdallah envisagent de discuter notamment du programme nucléaire iranien ainsi que du processus de paix au Proche-Orient. [2] Ces derniers mois, le royaume a très publiquement déclaré ses intentions d'acquérir la technologie nucléaire. En août 2009, le Ministre saoudien Abdullah Al Hosain a révélé au quotidien saoudien Al Watan, qu'un centre de recherche situé à Riyadh était en train de travailler sur des plans pour la première usine nucléaire d'Arabie Saoudite.[4] Des analystes pensent que l'initiative saoudienne d'obtenir la capacité nucléaire est une réponse directe aux ambitions nucléaires iraniennes. Alirza Nurizadeh, expert arabo-iranien au Centre pour les Etudes Stratégiques à Londres, déclare qu'une telle initiative de la part de l'Arabie Saoudite répond aux ambitions nucléaires iraniennes : " En développant son programme nucléaire, l'Iran incite d'autres pays de la région, tels que l'Egypte, les EAU et l'Arabie Saoudite à acquérir la même technologie et le pouvoir nucléaire, " a dit Alirza Nurizadeh dans une interview à Trend News.[5] Mustafa Ozjan, analyste turc spécialisé dans le Proche-Orient convient : " La construction d'une centrale nucléaire en Arabie Saoudite est une réponse aux tentatives de l'Iran de devenir une puissance nucléaire dans la région. " [6] Les relations de plus en plus tendues entre l'Arabie Saoudite et l'Iran Depuis l'établissement de la République islamique chiite d'Iran, l'Arabie Saoudite et l'Iran entretiennent des relations de plus en plus difficiles. [7] L'Arabie Saoudite craint qu'un Iran nucléaire ait une influence croissante sur les populations chiites des états avoisinant et à l'intérieur même du royaume. Les officiels à Riyad ont le sentiment que Téhéran menace la sécurité du royaume saoudien et qu'il soutient la population chiite qui vit dans les régions riches en pétrole à l'est de l'Arabie Saoudite. [8] L'Arabie Saoudite est également impliquée dans un grand nombre de guerres par procuration contre l'Iran : au Liban, en Irak, en Syrie, dans les territoires palestiniens, en Afghanistan, au Yémen et ailleurs. Les experts disent que la confrontation entre les deux fortes puissances peut augmenter si une des deux parties utilise l'énergie nucléaire à des fins militaires. [9] L'Arabie Saoudite s'est fait entendre en exprimant sa consternation à la perspective d'un Iran ayant la capacité de produire des armes nucléaires. Le 16 décembre Le Prince saoudien Saud al-Faisal a recommandé à l'Iran d'exécuter ses obligations nucléaires pour épargner au Proche-Orient " des conflits destructeurs, des courses à l'armement futiles et de sérieux risques environnementaux. " Le 29 mars 2009, le principal journal saoudien Okra Reports a publié que le Conseil saoudien de la Choura prépare " des plans nationaux pour traiter tout danger nucléaire et rétroactif qui pourrait affecter le royaume à la suite des avertissements des experts concernant de possibles attaques sur les réacteurs nucléaires iraniens de Bushehr. "[11] L'Iran provoque une course à l'armement dans la région Le programme iranien de développement de missiles, malgré les Résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, fait naître de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité régionale et a des effets en cascade sur l'Arabie Saoudite et les autres principaux états du CCG pour augmenter leur force militaire. [12] L'Arabie Saoudite, comme les autres états du CCG, a considérablement amélioré sa capacité de dissuasion avec des armes conventionnelles. Depuis 2003, les dépenses militaires arabes ont atteint des niveaux sans précédent. Les armes achetées par les états du CCG semblent appropriées pour répondre aux menaces iraniennes. [13] L'Arabie Saoudite fournit des flottes d'attaque, et des armes standoff (impasse). Elle a signé des accords pour acheter au moins soixante douze avions de combat de pointe. [14] Dans un accord d'une valeur de 1,5 million de dollars, l'armée de l'air de l'Arabie Saoudite a demandé au Pentagone d'améliorer son système d'avertissement et de contrôle aéroporté et son ravitailleur aérien avec des systèmes de gestion de la communication et de la surveillance et du trafic aérien. [15] Par ailleurs, l'Arabie Saoudite, ainsi que les autres états du CCG, a renforcé ses alliances de sécurité avec les pays occidentaux. En 2006, les Etats-Unis ont lancé un dialogue sur la sécurité dans le Golfe (Gulf Security Dialogue) dans lequel des comités militaires bilatéraux ont augmenté la coopération sécuritaire entre les Etats-Unis et le CCG. [16] Références:
[1] "Nicolas Sarkozy en Arabie saoudite pour une visite de 24 heures," AOL Actualités, November 17, 2009, http://actualite.aol.fr/actualite-france/nicolas-sarkozy-en-arabie-saoudite-pour/article/2009111715432461947236 [2] "Sarkozy urges Middle East peace talks," Agence France Presse, November 17, 2009, http://www.france24.com/en/node/4926938 [3] Michel Abu Najm: " [4] Soren Billing: "Saudi eyeing first nuclear reactor," Arabian Business, August 20, 2009, http://www.arabianbusiness.com/565401-saudi-reported-to-be-planning-first-nuclear-reactor [5] U. Sadikhova: "Development of [6] Ibid. [7] Ibid. [8] Kate Amlin: "Will [9] U. Sadikhova: "Development of [10] "Arab States Back Pressure on [11] Chris Floyd: "US Attack on [12] Each of the following [13] Tariq Khaitous: "Arab Reactions to a Nuclear-Armed [14] Tariq Khaitous: "Arab Reactions to a Nuclear-Armed [15] " [16] Tariq Khaitous: "Arab Reactions to a Nuclear-Armed Iran," The Washington Institute for Near East Policy, June 2009, http://www.washingtoninstitute.org/pubPDFs/PolicyFocus94.pdf |


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